Le libre jeu. Réflexions sur l’appropriation de l’activité ludique de Maude Bonenfant, par Laura Iseut Lafrance St-Martin

Recension

Maude BONENFANT, Le libre jeu. Réflexions sur l’appropriation de l’activité ludique, Montréal, Liber, 2015, 148 p.

Maude Bonenfant présente dans Le libre jeu une série de réflexions tirées de sa thèse en sémiologie réalisée à l’Université du Québec à Montréal et originellement déposée en 2010. Dans un style clair qui rend l’ouvrage abordable à un public large, elle a pour ambition de définir le jeu. Dès les premières pages de l’ouvrage, elle distingue la fonction du jeu, son rôle comme activité humaine, et la notion de jeu, qui concerne l’objet-jeu. Cette distinction la mène à reconnaître à son objet d’étude une dimension essentiellement sémiotique. Elle cite pour ce faire Jacques Henriot : « Le phénomène “jeu” appartient à l’ordre du signifiant. Ce qu’il y a de jeu dans un acte ludique relève uniquement du sens. » Pour Bonenfant, le jeu se définit comme un espace d’appropriation délimité par des règles : « c’est l’espace de liberté nécessaire pour le joueur afin de s’approprier le jeu, le faire sien et devenir alors créateur de sa propre expérience ludique » (p. 81). Le joueur se trouve dans cet espace dans lequel il doit nécessairement faire des choix, qui dépendent de la liberté interprétative qui est la sienne. Cette irréductibilité du choix amène Bonenfant à conclure son ouvrage sur une éthique du joueur fortement influencée par la philosophie de Baruch Spinoza.

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